Fouille du sanctuaire de l’agglomération antique d’Ardin (Deux-Sèvres) / campagne de fouille 2025

L’agglomération antique d’Ardin (Deux-Sèvres) a été investiguée depuis 2021 dans le cadre des travaux de master et de thèse de Romain Storaï. Ces investigations ont été mises en place par le moyen de prospections géophysiques, pédestres et de fouilles programmées. Ce projet est soutenu et financé par le Service Régional de l’Archéologie Nouvelle-Aquitaine – site de Poitiers. En 2025, une dernière campagne de fouille a été réalisée dans l’objectif de permettre une fouille exhaustive du sanctuaire périurbain fouillé depuis 2023. Cette même campagne a également eu pour objectif d’explorer un secteur d’habitat de l’agglomération. Ainsi la campagne de fouille a ciblé le sanctuaire périurbain de l’agglomération antique d’Ardin sur une surface de 400 m² et un secteur domestique de l’habitat groupé sur une surface de 600 m². Une équipe composée de 26 étudiants et bénévoles a donc œuvré sur ces deux emprises de fouille durant quatre semaines, du 1er au 26 septembre 2025. Alors que les investigations sur le sanctuaire périurbain faisaient suite à deux campagnes de fouille, la fenêtre exploratoire sur le secteur d’habitat a été la première à cibler des espaces domestiques de l’agglomération antique.

Dans le cas de la fouille du sanctuaire, les investigations réalisées en 2025 ont permis de documenter le tiers septentrional du lieu de culte ainsi que les espaces extérieurs à celui-ci et notamment le dépotoir dont la fouille avait été amorcée en 2024 (fig. 1). La fouille carroyée de ce dépotoir a permis de prélever un volume important de mobiliers apportant de nouvelles données permettant une meilleure compréhension des activités liées au lieu de culte. De nouveaux éléments architecturaux ont pu être mis au jour, principalement dans les galeries du péribole où des indices concernant l’espacement et la morphologie des colonnes ont pu être retrouvés (fig. 2). Des niveaux d’incendies et d’abandon, jusqu’alors retrouvés peu conservés, ont été documentés dans les espaces construits du péribole ainsi que dans le temenos. L’étude du mobilier associé à ces niveaux permettra de préciser la période d’abandon du sanctuaire, jusqu’ici placée dans la dernière partie du IIIe siècle de n. è.

La fouille du secteur d’habitat a été implantée à partir de l’analyse des anomalies observées sur les cartographies issues des prospections géophysiques (méthode magnétique). Un ensemble de structures bâties avaient été observées en 2022 sans qu’une compréhension précise de ces espaces puisse être dégagée. La fouille a donc révélé plusieurs ensembles bâtis malgré une mauvaise conservation des vestiges du fait du faible recouvrement sédimentaire. La présence d’un paléochenal dans la partie septentrionale de l’emprise de fouille a permis de retrouver des structures légères, contrairement à la partie méridionale où la haute altitude du socle calcaire n’a pas permis une lecture optimale des vestiges. À l’issue de la fouille de ces ensembles bâtis, une synthèse générale de l’occupation a pu être dressée, révélant que celle-ci apparaît bien plus dense que ce que les cartographies issues d’acquisitions géophysiques ne le laissaient apparaître (fig. 3).

Parallèlement à cette campagne de fouille, les prospections ciblant l’ensemble de l’habitat groupé antique amorcées en 2021 ont pu être continuées et achevées en 2025. Ainsi, 6,5 ha de prospections géophysiques (méthode magnétique) et 70 ha de prospections pédestres supplémentaires ont pu être réalisés. Entre 2021 et 2025 ce sont donc 48 ha de prospections géophysiques et 170 ha de prospections pédestres qui ont pu être réalisés. Avec l’assistance des étudiants présents sur la fouille programmée, les prospections géophysiques ont été réalisées par Gabrielle Sheehan et les prospections pédestres par Antoine Noury. Le croisement des données de cette approche intégrée permet aujourd’hui de déterminer précisément l’étendue de l’habitat groupé et de caractériser son organisation interne.

Bien que les opérations de terrain sur l’agglomération d’Ardin aient pris fin en 2025, l’année 2026 est dédiée à la mise en place des dernières études spécialisées associées aux données issues des campagnes de fouille (études céramologique, archéozoologique, malacoarchéologique, ichtyologique). La publication des résultats des recherches ayant ciblé le secteur d’habitat, le sanctuaire périurbain ainsi que l’agglomération antique dans sa globalité est donc projetée à court terme.

Fig. 1 Vue zénithale de la fouille du sanctuaire périurbain (Th. Roquet)
Fig. 2 Vue aérienne oblique du péribole du sanctuaire (Th. Roquet)

Fig. 3 Vue aérienne oblique de la fouille du secteur d’habitat (Th. Roquet)
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