Coordinateurs : Christian Stein et Sabine Lefebvre



Les sociétés humaines sont des sommes de communautés qui s’emboîtent ou se superposent de manière plus ou moins harmonieuse. La vocation de cet axe est de rassembler des travaux et projets consacrés à l’émergence et au fonctionnement de ces liens communautaires en tant qu’ils structurent des relations individuelles ou collectives de toutes natures et à toutes les échelles, cités, États, peuples, sectes religieuses, etc. L’ensemble de ces relations s’effectue également dans un cadre spatial qui est toujours organisé, monumentalisé ou élaboré imaginairement dans le but de construire, de soutenir ou de nier des identités et des mémoires collectives.
Plusieurs grandes directions seront particulièrement explorées en parallèle. Il y a d’abord celle des outils de la construction communautaire, puis celle des manifestations de cette dernière. Dans l’un et l’autre cas, les deux versants de ces constructions seront au cœur des travaux de l’axe 1 : les identités positives aussi dites choisies ou d’appartenance comme les identités négatives, contestées ou imposées. Enfin, ces questions ne pourront pas être posées sans que soient pris en considération les lourds et importants enjeux historiographiques charriés par les études historiques comme archéologiques et par les récits mobilisés pour raconter comme pour publiciser ces communautés.
Programmes et outils de l’axe « Élaboration du passé et constructions communautaires »
- Sabine Lefebvre, UBE/ARTEHIS
- Fabienne Creuzenet, UBE/ARTEHIS
- Arnaud Mounier, CNRS/ARTEHIS
- Viviane Raveneau, MuséoParc Alésia/ARTEHIS
- Lucas Aniceto, Institut Catholique de Paris
Plusieurs démarches ont été faites depuis le début du XXe siècle afin de rassembler et de recenser la documentation disponible sur Alésia. Un travail important de collecte, de description et de numérisation a été mené au début des années 2000 par Elisabeth Rabeisen. Les plans ont été classés et décrits par Albéric Olivier, puis numérisés par Jonhattan Vidal en 2010 (dans le cadre de sa thèse de doctorat).
La matière est importante : près de 20 m linéaires de textes et 8 m pour les photographies qui sont en cours de déménagement au MuséoParc Alésia ; mais aussi disséminée (fonds importants à Avignon ou en région parisienne). Il était important de songer à un projet scientifique permettant de rassembler toutes ces données et de les mettre à la disposition des chercheurs et du grand public.
Le projet CARDINAL (Carnets et documentation Inédite d’Alésia) est né d’un premier projet CARDO (Carnets de fouilles. La documentation archéologique immergée (1898-1986. Deux cas d’étude entre Gaule et Italie préromaine) initié par Olivier de Cazanove. De 2020 à 2023, une grande partie des carnets de fouilles et de la documentation annexe produite depuis le début du XXe siècle et jusque dans les années 1980 a été numérisée.
Fig. 1. Les archives de fouilles d’Alésia

Le laboratoire ARTEHIS a logiquement pris le relais en 2023. Lucas Aniceto, docteur et Viviane Raveneau ont accepté de poursuivre l’aventure dans le cadre de CARDINAL, auprès de Fabienne Creuzenet et de moi-même. Le programme a été financé à hauteur de 20 000 euros par la DRAC de Bourgogne-Franche-Comté. Après la première phase de recensement et traitement menée dans le cadre de CARDO, il était désormais impératif de réunir virtuellement cette documentation, d’en assurer la pérennité et de la rendre accessible à tous. La visée finale du projet est la mise en ligne et la libre consultation de l’ensemble de cette documentation manuscrite, graphique et photographique produite entre 1905 et 1990. La mise à disposition du grand public et des chercheurs est évidemment le but de CARDO puis de CARDINAL : aujourd’hui, de plus en plus de travaux historiographiques sont menés dans le cadre de masters voire de thèses. La documentation numérisée pourra aider à alimenter ces travaux de recherche.
Fig. 2. Numériser, transcrire, éditer : le cycle de vie des projets CARDO-CARDINAL

L’enjeu est donc la construction d’une bibliothèque numérique des archives d’Alésia. Le choix s’est porté sur la plateforme d’édition open-source Omeka-S, qui offre une grande liberté dans la création d’un portail de consultation, d’exposition et de mise en valeur de ressources textuelles et iconographiques. L’élaboration en 2024 d’un cahier des charges a permis de définir précisément les besoins et fonctionnalités nécessaires à ce développement, en tenant compte des « bonnes pratiques » numériques pour la diffusion des données de la recherche, mais aussi les standards de qualité d’un site internet (adaptation aux différents écrans, optimisation du référencement) ainsi que les normes d’accessibilité, notamment pour le handicap visuel.
Le financement obtenu a permis la collaboration avec la société de développement numérique Biblibre pour l’élaboration du site Web, actuellement en phase de préproduction.
L’instance sera à terme hébergée sur les serveurs de l’IR* Huma-Num (CNRS), où sont déposées les données numérisées elles-mêmes (enrichies de métadonnées et stockées dans l’entrepôt de données Nakala). L’arrivée d’Arnaud Mounier, qui a été impliqué tout de suite dans le projet, offre un appui informatique supplémentaire.
Cette documentation sera pleinement exploitable par le MuséoParc Alésia pour enrichir la documentation des collections et les parcours muséographiques. Elle contribuera notamment à la critique d’authenticité et au programme de restauration et de valorisation du site d’Alésia auprès du grand public.
Fig. 3. La transcription des données manuscrites est au cœur des projets CARDO-CARDINAL

Cette documentation sera pleinement exploitable par le MuséoParc Alésia pour enrichir la documentation des collections et les parcours muséographiques. Elle contribuera notamment à la critique d’authenticité et au programme de restauration et de valorisation du site d’Alésia auprès du grand public.
Fig. 4. La Bibliothèque numérique des archives d’Alésia en pré-production.

Le Dictionnaire topographique de la France est une entreprise éditoriale et scientifique lancée au XIXe siècle par le Comité des Travaux historiques et scientifiques (CTHS), visant à rassembler l’ensemble des noms de lieux anciens et modernes de la France entière. Forte de trente-cinq volumes départementaux, la collection qui en est issue, publiée par le CTHS, fait depuis 2009 l’objet d’un projet de réédition électronique visant à en rendre progressivement accessible l’ensemble des données.
Ce programme national est animé par le Comité des travaux historiques et scientifiques avec le concours de l’UMR 6298 ARTEHIS de Dijon, de l’École nationale des Chartes, du Centre d’Onomastique des Archives nationales et de la MSH de Dijon. Il est soutenu par le Service interministériel des Archives de France (SIAF).
Acronyme : PITIAD (Publier, Interroger et Transmettre les Inscriptions Agonistiques de Delphes)
Responsable : KOSSMANN Perrine
Durée prévue : projet en cours depuis 2025.
Objectifs & modalités : À l’invitation de l’École française d’Athènes, ce programme a pour objectif l’édition critique des inscriptions agonistiques de Delphes dans la collection Corpus des inscriptions de Delphes, aux éditions de l’École française d’Athènes. Il s’appuie sur une méthodologie combinant les techniques traditionnelles de lecture des inscriptions (estampage, relevés) et une technologie d’imagerie numérique avancée, la Reflectance Transformation Imaging (RTI), en collaboration avec le Professeur Alamin Mansouri (Université Bourgogne Europe, laboratoire ImVia EA 7535). Cette technologie permet d’améliorer significativement la lisibilité de surfaces épigraphiques altérées et renouvelle les conditions d’édition des textes lacunaires. Le corpus des inscriptions agonistiques de Delphes fera l’objet d’une double publication, imprimée et numérique enrichie, ce qui favorisera l’accessibilité et l’exploitation scientifique des données.
Financements : Hébergement à Delphes et rémunération des collaborateurs professionnels (photographe, restauratrice) pris en charge par l’École française d’Athènes ; campagne d’acquisition d’images RTI financée par le laboratoire ImVia (UBE) ; financement matériel photographique AAP MSH Dijon-Franche Comté 2025.
Mots-clés : inscriptions grecques ; Delphes ; concours ; sport ; humanités numériques.
Coordinateur ARTEHIS : Christian Stein
Durée prévue : 2025-août 2027
Objectifs & modalités :
À partir de la constatation que plusieurs chercheurs appartenant à des disciplines et des laboratoires différents de l’UBE s’intéressaient séparément mais en même temps au fonctionnement des assemblées délibératives, est né en 2025 par agrégation un groupe thématique sur les études parlementaires. Il regroupe aussi bien des politistes, des juristes, des historiens, que des spécialistes en civilisation de plusieurs aires linguistiques, etc. qui partagent dans une perspective comparatiste leurs connaissances et leurs recherches sur les pratiques parlementaires allant du Sénat romain à la Rada (le parlement ukrainien actuel). Le thème mis en avant est actuellement le consensus et la radicalité dans les assemblées délibératives.
En conséquence, le groupe se réunit en séminaire hybride une fois par mois et prévoit un colloque multi-disciplinaire « Consensus vs radicalité » en 2027.
Mots-clés : Consensus, radicalité, parlement, assemblée, délibération, pratique politique
Acronyme : KHÔRAI
Responsable(s) : Laurence Mercuri
Durée prévue : 2024-2028
Objectifs & modalités :
S’appuyant sur l’importance de l’approche systémique de la ville et du territoire pour définir l’espace sur lequel la cité grecque exerce son action, le projet a pour objectif d’évaluer le degré et les modes d’intégration de la cité à l’échelle régionale et suprarégionale en étudiant les phénomènes à plusieurs focales, politique, sociale, économique et culturelle. Appréhender les territoires dans leur polysémie permet de définir les dynamiques spatiales qui constituent la cité grecque à l’échelle du territoire civique et au-delà, afin d’évaluer sa place et son rôle dans le contexte régional et méditerranéen. L’Italie méridionale et la Sicile constituent l’espace géographique de référence du projet, considéré sur le temps long, depuis les premières cités au VIIIe siècle jusqu’à la veille de l’intervention romaine dans le sud de la péninsule, au IIIe siècle avant J.-C.
Plusieurs opérations ont eu lieu ou sont en cours :
- Rencontre scientifique internationale sur le thème : « Territoires civiques de Sicile orientale. Sources écrites et numismatiques », le 18 octobre 2024 à Dijon, publiée dans Dialogues d’histoire ancienne 51/2, 2025, p. 11-143.
- Monographie sur la nécropole nord de Mégara Hyblaea : l’ouvrage propose une réflexion sur l’articulation des espaces constitutifs du territoire de la fondation mégarienne en Sicile orientale. En cours d’achèvement (dépôt 2026), publication prévue aux éditions de l’École française de Rome.
- Automne 2027 : organisation d’un colloque international consacré à une réflexion historique sur les évolutions et transformations des États en Italie méridionale et en Sicile. Préparation en cours, en collaboration avec l’université Marie et Louis Pasteur ; publication à suivre.
Financements : École française de Rome, université Marie et Louis Pasteur (Besançon)
Mots-clés : cités grecques, ville et territoire, politique, sociétés, économie, culture, Italie méridionale, Sicile
Responsable(s) : Sabine Lefebvre
Durée prévue : 2024-2028
Objectifs & modalités : Ce programme fait suite au programme les Victimes de l’abolitio memoriae et au programme Vivre dans un espace partagé. Il s’agit d’explorer la façon dont la mémoire collective ou personnelle est mise en scène dans les espaces publics antiques, grecques mais surtout romains, et comment elle peut être valorisée, détruite ou cachée. L’analyse des documents épigraphiques, leur localisation, leur éventuel martelage sont pris en compte à travers l’alimentation de la base de données VAM, cogérée par S. Benoist et Chr. Hoët-van Cawvenberghe (HARTIS, Lille) et A. Daguet-Gagey (CREHS, Arras).
Financements : Des demandes de financement sont en cours (dépôt de l’ANR CODEMEM en 2025).
Liens utiles : Site du projet Victimes de l’abolitio memoriae : https://vam-abolitio.univ-lille.fr/
Un volume de synthèse des travaux sur l’Abolitio memoriae est paru en 2025 : L’abolitio memoriae à Rome et dans le monde romain (Ier s. av. n. è.—IVe s. de n. è.)
Sous la direction de Stéphane Benoist, Sabine Lefebvre, Christine Hoët-van Cauwenberghe et Anne Daguet-Gagey
https://books.openedition.org/septentrion/190561
Mots-clés : Espaces publics ; mémoire ; antiquité romaine ; abolitio memoriae ; épigraphie ; empire romain ; monument ; société
Responsable : Perrine Kossmann
Durée prévue : projet en cours depuis 2023
Objectifs & modalités : Le Musée archéologique de Zagreb possède une collection d’inscriptions grecques provenant de Dalmatie, publiées pour la première fois en 1898 par Josef Brunšmid (Die Inschriften und Münzen der griechischen Städte Dalmatiens, Vienne). À l’invitation du directeur du Musée, Ivan Radman-Livaja, ce programme vise à proposer une nouvelle édition critique de ce corpus, fondée sur l’autopsie des documents, et accompagnée d’un commentaire historique renouvelé qui intègre les avancées récentes de la recherche. Des pré-publications sont prévues dans le bulletin du Musée. L’édition finale paraîtra dans un volume consacré aux inscriptions grecques et romaines conservées au Musée, qui sera publié aux éditions de l’institution.
Financements : Hébergement à Zagreb pris en charge par le Musée
Liens utiles : https://www.amz.hr/en/home/
Mots-clés : inscriptions grecques ; Dalmatie ; édition critique ; collections muséales.
Responsable(s) : Jean-Marie Guillouët
Durée prévue : 2023-2028
Objectifs & modalités :
La sculpture portugaise de la fin du Moyen Âge et de la première modernité offre un terrain d’observation particulièrement favorable pour comprendre les mécaniques comme les chronologies des transferts culturels qui forgèrent le panorama artistique européen. Dans une perspective transnationale et non méditerranéo-centrée, ce projet réécrit les récits en prenant acte pour la première fois du rôle central et structurant des nombreux acteurs étrangers et septentrionaux, au Portugal comme à Madère
Financements (si extérieurs au laboratoire) : Institut universitaire de France
Liens utiles : https://www.iufrance.fr/les-membres-de-liuf/membre/720-jean-marie-guillouet.html
Membres de l’équipe
- Abert Franck
- Barbet-Massin Dominique
- Barbier Josiane
- Baudry Georgie
- Belot Antoine
- Bully Aurélia
- Büttner Stéphane
- Clouzot Martine
- Deflou-Leca Noëlle
- Drouhin Aurore
- Dubuc Cécile
- Duval Colin
- Frénéat Adrien
- Gasse-Grandjean Marie-José
- Gaveau Fabien
- Guillouët Jean-Marie
- Janin Marie-Anaïs
- Jouquand Maïwenn
- Koenig Gaëtan
- Kossmann Perrine
- Lefebvre Sabine
- Lesmesle Bruno
- Londiveau Gaël
- Mastrorosa Ida Gilda
- Mercuri Laurence
- Montagne Geoffroy
- Mouillebouche Hervé
- Rebhi Oussama
- Rameau Baptiste
- Roy Thomas
- Stein Christian
- Tabbagh Vincent
- Thabarant Bernie
- Vincent Marion


