[Conférence] L’Auguste de Prima Porta : l’image au service du pouvoir, par Sabine Lefebvre

Quand ? Lundi 19 octobre 2026 à 10h
Où ? En visioconférence

De la remarquable Vénus de Renancourt, sculptée il y a plus de vingt-cinq mille ans, aux audacieuses créations de Brancusi, qui ont révolutionné l’art au XXème siècle, découvrez, au cours de ce cycle, seize chefs-d’œuvre emblématiques qui, tous, ont marqué leur époque. Au fil des conférences, retrouvez les acteurs de cette formidable épopée créatrice, depuis les artisans anonymes qui ont œuvré en Egypte, en Grèce et à Rome jusqu’aux artistes de l’Italie de la Renaissance et de l’Europe des Lumières.

Découvert dans la villa de Livie, l’Auguste Prima Porta est l’une des œuvres les plus importantes du principat d’Auguste : cette statue en marbre – mais l’original était en bronze et exposé en public – met en images certains des symboles du pouvoir politique, dans le cadre d’un régime fondé sur la victoire militaire. Désormais seul au pouvoir depuis 31 av. J.-C., Auguste va pouvoir construire un régime particulier, en exerçant des pouvoirs obtenus de façon légale en particulier à partir de 27 av. J.-C. Le princeps (littéralement le “premier”) a remporté des victoires diplomatiques en Orient (en particulier en obtenant le retour des enseignes militaires prises par les Parthes en 53 a. J.-C., en 40 et en 36), sa succession est assurée par la naissance de ses petits-fils, et il a éliminé les oppositions. Auguste a surtout mis fin aux guerres civiles qui ont déstabilisé les bases de la société romaine durant le Ier siècle av. J.-C. (Marius contre Sylla, Pompée contre César, Marc-Antoine contre lui-même). Pour s’imposer auprès des populations conquises de l’empire romain, Auguste se met en image à travers les statues, les reliefs et les monnaies. L’Auguste Prima Porta, qui a été copié pour être diffusé, le représente en général vainqueur titulaire de l’imperium ; sur la cuirasse est représenté le retour des enseignes en 20 av. J.-C., moment important de sa politique diplomatique – il mentionne d’ailleurs cet épisode dans son testament politique. Les symboles comme le petit Amour à ses pieds le rattache à César. Bien qu’âgé de plus de 50 ans au moment de la réalisation de la statue (il est né en 63 av. J.-C.), Auguste est toujours représenté avec les traits d’un homme de 40 ans : sa maturité suggérée – mais non sa vieillesse – est une garantie de la pérennité du régime. Les statues d’Auguste sont réalisées dans le style grec idéalisé : l’empereur doit être jeune et beau. Haute de 2, 30 m, elle était peinte ; manque entre autres le bras droit et on pense que la main gauche tenait une lance.        

Dans le cadre des conférences de Storia Mundi

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